PVY EP033 – LA PROCRASTINATION

Le 25 mars est la journée mondiale de la Procrastination
Le sage Sénèque a dit dans « La brièveté de la Vie »
 Le plus grand obstacle à la vie est l’attente, qui espère demain, et néglige aujourd’hui
Qu’elle belle définition de la procrastination !
Mais que signifie ce mot « procrastination » ? Il provient du latin pro, qui signifie « en avant » et crastinus qui signifie « du lendemain » .
Autrement dit c’est l’art de remettre à demain ce que nous devrions faire aujourd’hui. Cette tendance est une véritable « maladie » chez certains, qui sont totalement incapable de se mettre à une tâche et trouve toujours mille excuses pour ne pas commencer.
Je ferai ça demain … ou jamais.
Demain promis, je m’y mets … ou pas
Et que l’on en soit conscient ou pas, nous avons tous de temps à autre ou plus souvent pour certains cette manie de repousser à demain.
Et pourtant nous avons un joli proverbe qui nous dit
ne remets pas à demain ce que tu peux faire aujourd’hui »
et il a raison ce proverbe.
Combien de fois avez-vous repoussé une tâche au lendemain alors que vous aviez tout le temps de la faire et le lendemain arrivé, c’est le drame, un imprévu et vous ne pouvez pas vous y mettre. Des exemples on en a plein. Le rapport à rendre, la veille on se dit, je le fais demain et pfiou, c’est justement le jour que votre PC a choisi pour planter ! ou l’imprimante tombe en panne et votre rapport ne peut être imprimé…
Moi même, avec l’enregistrement de ce podcast j’ai procrastiné. Le week end dernier j’ai fait quelques recherches sur le sujet. Et puis, mon week end était bien chargé, ma semaine très dense, et donc dimanche après midi, je me suis autorisée une petite sieste de 2 heures et me disant, je terminerai le podcast un petit peu tous les soirs de la semaine. Et hop lundi matin, je me suis réveillée avec une migraine horrible. Après m’être trainée toute la journée au bureau, j’étais incapable de me concentrer le soir pour travailler sur le texte final du podcast. Idem le mardi parce que ma migraine n’était toujours pas passée et ainsi de suite. Et aujourd’hui, jeudi je peux enfin m’y mettre en me demandant si je vais parvenir à boucler dans les temps !
Vous avez sans doute des tas d’exemples personnels. Alors sur le coup on se dit « promis, la prochaine fois, je ne repousse pas jusqu’à la dernière minute, je m’organise » … mais vous le savez comme moi, c’’est très difficile de s’y tenir, même si on a fait un beau planning, avec tes tas de rappels … Cela revient souvent malheureusement, faisant augmenter notre stress de façon importante au passage.
Et cette tendance n’est pas nouvelle, elle n’est pas uniquement le résultat de toutes les distractions que nous proposent les réseaux sociaux, même si aujourd’hui elle en constitue une composante importante.

 Procrastination : ce n’est pas nouveau

Ainsi, l’un de nos artiste bien connu, Eugène Delacroix, nous en parle déjà dans la première moitié du 19è siècle. Eugène Delacroix tenait un journal, dans lequel, outre son emploi du temps de la journée ainsi que ses dépenses quotidiennes, il notait aussi ses pensées et réflexion.
Par exemple, dans l’entrée du dimanche 4 avril 1824, il écrit :
Tout est intéressé pour moi, dans la nécessité de me renfermer davantage dans la solitude. Les plus beaux et les plus précieux instants de ma vie s’écoulent dans des distractions qui ne m’apportent au fond que de l’ennui. La possibilité ou l’attente d’être distrait commencent déjà à énerver le peu de force que me laisse le temps mal employé de la veille. La mémoire n’ayant à s’exercer sur rien d’important périt ou languit. J’amuse mon activité avec des projets inutiles. Mille pensées précieuses avortent faute de suite. Ils me dévorent, ils me mettent au pillage. L’ennemi est dans la place… au cœur ; il étend partout la main.
Pense au bien que tu vas trouver, au lieu du vide qui te met incessamment hors de toi-même : une satisfaction intérieure et une mémoire ferme ; le sang-froid que donne la vie réglée ; une santé qui ne sera pas délabrée par les concessions sans fin à l’excès passager que la compagnie des autres entraîne ; des travaux suivis et beaucoup de besogne.
 
Quelques jours plus tard, le 11 avril il écrit encore :
Quelle folie de se réserver toujours pour l’avenir de prétendus sujets plus beaux que d’autres !
Mais pour revenir à ma réflexion précédente, avec cette sotte manie, on fait toujours des choses dont on n’est pas entrain, et par conséquent mauvaises ; plus on en fait, plus on en trouve. À chaque instant, il me vient d’excellentes idées, et au lieu de les mettre à exécution, au moment où elles sont revêtues du charme que leur prête l’imagination dans la disposition où elle se trouve dans le moment, on se promet de le faire pins tard, mais quand ? On oublie, ou ce qui est pis, on ne trouve plus aucun intérêt à ce qui vous avait paru propre à inspirer. C’est qu’avec un esprit aussi vagabond et impossible, une fantaisie chasse l’autre plus vite que le vent ne tourne dans l’air et ne tourne la voile dans le sens contraire…, il arrive que j’ai nombre de sujets ; eh bien, qu’en faire ? Ils seront donc là en magasin à attendre froidement leur tour, et jamais l’inspiration du moment ne les animera du souffle de Prométhée ; il faudra les tirer du tiroir, quand la nécessité sera de faire un tableau ! C’est la mort du Génie… 
Le 13 avril il écrit :

Dispositions fugitives, qui me venez presque toujours le soir. Doux contentement philosophique, que ne puis-je te brider ! Je ne me plains pas de mon sort. Il me faut goûter plus encore de ce bon sens qui se risque aux choses inévitables.

Ne réservons rien de ce que je pourrais faire avec plaisir pour un temps plus opportun. Ce que j’aurai fait ne pourra m’être enlevé. Et quant à la crainte ridicule de faire des choses au-dessous de ce qu’on peut faire… Non, voilà le vice radical ! c’est là le recoin de sottise qu’il faut attaquer. Vain mortel, tu n’es borné par rien, ni par ta mémoire qui t’échappe, ni par les forces de ton corps qui sont minces, ni par la fluidité de ton esprit qui lutte contre ces impressions, à mesure qu’elles t’arrivent. Il y a toujours au fond de ton âme quelque chose qui te dit : « Mortel tiré pour peu de temps de la vie éternelle, songe que tes instants sont précieux. Il faut que ta vie te rapporte à toi seul tout ce que les autres mortels retirent de la leur. » Au reste, je sais ce que je veux dire… Je crois qu’au fait tout le monde a été plus ou moins tourmenté de cela.

et enfin le 26 avril 1824
 
 Le résultat de mes journées est toujours le même : un désir infini de ce qu’on n’obtient jamais, un vide qu’on ne peut combler, uneextrême démangeaison de produire de toutes les manières, de lutter le plus possible contre le temps qui nous entraîne, et les distractions qui jettent un voile sur notre âme ; presque toujours aussi une sorte de calme philosophique, qui prépare à la souffrance et élève au-dessus des bagatelles. Mais c’est l’imagination qui peut-être nous abuse encore là ; au moindre accident, adieu presque toujours la philosophie ! Je voudrais identifier mon âme avec celle d’un autre.
Ce n’est donc pas nouveau cette facilité que nous avons  à toujours différer.
Et même si parfois, il faut savoir prendre du temps pour soi, se reposer et faire une pause, il ne faut cependant pas tomber dans une trop grande indulgence avec soi même et se trouver toutes les excuses du monde pour ne pas faire ce que nous avons à faire.
Je suis fatiguée, j’ai pas eu le temps, je ne le sens pas aujourd’hui etc …
Car comme le dit l’auteure américaine Dianna Booher,
« la procrastination et l’indulgence sont juste des créditeurs qui vous facturent avec les intérêts. »
Pensez au stress, à la fatigue, à l’énervement qui vous tombent dessus quand vous vous retrouvez à faire une chose à la dernière minute alors que vous aviez tout le temps de le faire.
Pensez au risque que vous prenez avec votre santé, si vous remettez toujours à demain, votre bilan de santé, le régime anti cholestérol que votre médecin vous recommande, l’arrêt du tabac, votre séance d’exercice. Car cela aussi c’est souvent de la procrastination mais qui en plus va nous couter très cher. Et il y plein de domaines, auquel on ne pense pas quand on parle de procrastination. Nous viennent à l’esprit, le dossier rendu à l’arrache, les tâches ménagères ou le sport. mais il y a pleins de domaines où le procrastination va nous coûter vraiment cher.
J’ai parlé de prendre de soin de sa santé à l’instant, qui est un exemple flagrant, mais il y en a plein d’autres.
  • Ne pas payer immédiatement ses factures et recevoir des rappels, voire des majoration.
  • Tarder à déclarer ses impôts et finalement prendre une majoration.
  • Repousser à plus tard la mise en place d’une épargne retraite, jusqu’au jour où le retraite arrivée, nous n’aurons plus un sous vaillant etc etc…
Je lisais récemment que la procrastination témoignait d’une difficulté à se projeter dans le futur. Il est certain que lorsqu’on a 30 ans, il est difficile de s’imaginer à 65 ans au jour de sa retraite. Cependant,  notre « futur nous » de 65 ans, sera fort reconnaissant à notre « nous actuel » de ne pas avoir différer la mise en place d’un plan d’épargne lorsque la caisse de retraite  annoncera bravement que ses caisses sont vides ! 

La procrastination peut aussi être pernicieuse.

Vous avez des tas de choses à faire, importantes, comme trier votre courrier et payer vos factures. Mais vous avez horreur de la paperasse. Alors, à la place, vous allez nettoyer la terrasse, parce que le printemps arrive et vous ferez bientôt un bbq. Donc, vous avez été actif, vous n’avez pas passé 2 heures devant la TV, mais vous n’avez pas fait la tâche importante que vous aviez à faire. C’est de la procrastination.
Vous devez faire votre mémoire de fin d’étude, vous avez du mal à vous y mettre vraiment et vous vous réfugiez derrière l’idée que vous n’avez pas encore assez de matière, vous faites des tas de recherches, allez à des conférences, passez des heures sur le web, mais vous n’avez toujours pas écrit une ligne à un mois de la date de remise… 

La procrastination utile, voire bénéfique.

Vous commencez à travailler sur un dossier, qui n’est pas à terminer tout de suite. Et puis vous sentez que vous avez besoin de laisser « infuser » un peu. Vous le mettez de côté pendant quelques heures ou jours et le reprenez ensuite, peut être avec des idées neuves, ou un autre angle d’attaque. Cette procrastination est bénéfique. Mais notez bien, que vous avez commencer à travailler dessus, vous faites une pause, qui permet à votre cerveau, déjà imprégné du sujet de « phosphorer » en tâche de fond et puis vous reprenez votre travail, ce qui est très différent de la procrastination ou on ne fait rien du tout de ce qu’on devrait faire. 
Une autre forme de procrastination est celle qui consiste à ne pas commencer une tâche trop tôt.
Si on vous demande un rapport pour dans 6 mois, il ne sera peut être pas opportun de le faire immédiatement. En 6 mois, les données de votre entreprise ou du sujet peuvent changer, voire le besoin de ce rapport peut carrément disparaitre et votre travail sur le sujet sera perdu. A la place vous commencerez peut être plutôt à faire fonctionner un peu votre cerveau sur le sujet, vous commencerez à glaner des données, mais pas plus, avant de vous y mettre réellement quelques semaines avant la deadline.
Dans un autre domaine, vous pourriez être tenter de planifier des déplacements chez vos clients très longtemps à l’avance et de réserver immédiatement vos billets de train ou d’avion, voire votre chambre d’hôtel. C’est vrai qu’il y a souvent des prix attractifs quand on s’y prend de bonne heure. Mais ces tarifs sont souvent assortis de conditions particulières, comme l’impossibilité d’annuler sans perdre la totalité du montant payé d’avance. Or vous savez comme moi que dans le monde professionnel, les choses changent très vite et si votre client annule finalement votre rdv ou le déplace de quelques jours, vous allez perdre vos réservations et l’argent qui va avec. Il sera donc dans ce genre de cas « urgent » d’attendre.
Il faut donc souvent trouver le juste équilibre entre beaucoup trop tôt et juste en retard.
Commencer son dossier suffisamment tôt pour le rendre en temps et heure, mais sans y passer les 2 dernières nuits pour finalement le rendre avec 1 journée de retard.
C’est ce que l’auteur et coach américain Rory Vaden appelle procrastiner à dessein ou à bon escient.( Procrastinate on Purpose)

Quelques trucs pour limiter la procrastination :

  • Commencer sa journée par la tâche que vous aimez le moins. Une fois que c’est fait, tout le reste de la journée sera du pur plaisir !
  • Faites des listes de choses à faire, en prenant soin de ne pas vous surestimer sur le nombre de tâches à faire.
  • Ne pas faire les choses prévues dans la journée dans l’ordre de la liste, mais en faisant tout, en privilégiant l’inspiration du moment. C’est personnellement ce que je pratique beaucoup dans mon planning du week end. 
  • Découper les tâches pénibles en petits morceaux pour les rendre plus digestes et les faire en plusieurs fois, entre deux tâches que vous aimez.
  • Instaurez des routines, comme par exemple, tous les vendredis après midi, programmer et faire les notes de frais et l’ administratif, même si vous n’aimez pas cela.
  • Essayer d’automatiser les tâches que vous n’aimez pas faire, cela peut être possible parfois. Par exemple, vous détestez gérer les papiers et payer vos factures, mettez en place un prélèvement automatique, ainsi que des factures digitales, ou des relevés de banque dématérialisés et planifiez seulement une fois par mois, le téléchargement de ses relevés. Vous pouvez aussi souscrire au service Digiposte, qui vous permet de recevoir dans un coffre fort électronique, les factures et relevés de bons nombres d’organismes et commerçants.
  • Supprimez de votre to do certaines tâches que vous repoussez tout le temps, car il se peut que cette tâche soit en fait sans intérêt pour vous ou votre entourage, il s’agit peut être d’une contrainte que vous être mis dans l’agenda, mais qui au final ne vous convient pas. Pourquoi vouloir absolument vous levez à 5 heures du matin, parce que vous avez lu sur un blog que le matin on pouvait faire plein de choses, alors que vous êtes un oiseaux de nuit? Vous pourrez être tout aussi efficace en gérant bien votre temps le soir !
  • Avant d’accepter un nouvel engagement, prenez le temps de vérifier que vous avez réellement un intérêt à le faire, que vous avez les moyens et compétences, que ce nouvel engagement ne vous conduira pas à devoir renoncer à une autre chose plus importante pour vous et vos objectifs. Je vous invite d’ailleurs à ré couter le podcast sur l’Essentialisme. Il s’agit du podcast 25 du 7 janvier 2016.
  • Si vous avez un grand projet personnel qui vous tient à coeur mais que vous repoussez sans cesse, bloquez dans votre planning hebdomadaire 30 minutes ou une heure pour y travailler sérieusement. Quoiqu’on en dise, si on veut réellement quelque chose, on arrive à trouver une heure pour s’y consacrer.
  • Ne soyez pas trop perfectionniste, car là encore, c’est une excuse redoutable pour procrastiner. On se dit qu’on n’a pas toutes les infos, toutes les compétences, le savoir etc … et on repousse, on repousse, alors que nous avons suffisamment pour faire un travail correct et tout à fait acceptable
  • Lister les avantages et inconvénients à ne repousser sans cesse une tâche.
  • Visualisez votre futur vous, vous remerciant d’avoir penser à lui, notamment si vous procrastiner sur l’activité physique, l’épargne retraite, ou toutes actions qui seraient bénéfiques pour votre santé.
Partagez ci dessous vos astuces pour ne plus procrastiner !
Pour aller plus loin :
 
Priscille LIVENAIS
Maman divorcée et très active, j'ai une passion pour l'organisation, la gestion des projets et les outils de productivité. Mon but n'est pas de tout faire, mais de ne faire QUE ce qui compte vraiment pour mener la vie que je souhaite , tout en sérénité.
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