PVY053 DIRE « NON » – POURQUOI ?

NON
Nous avons seulement 168 heures par semaine, mais dans notre empressement à dire oui, nous n’admettons pas  cette limite. Nous pensons que nos heures contiennent plus de minutes que dans la réalité. Que ce soit dans notre vie privée ou dans notre vie professionnelle, nous courons après ce temps, après ces précieuses minutes. Mais que pouvons nous faire pour moins courir, pour rester concentrés sur notre essentiel, pour atteindre tous nos objectifs ou nous en approcher un peu plus chaque jour ?
 
Dans son livre « The Best Yes », l’auteure américaine Lysa TerKeurst recommande un exercice utile: Commencez par énumérer les principales choses que vous faites chaque semaine, puis estimez le temps qu’elles prennent. Si votre liste et estimations sont exactes, il est facile de voir que vous avez beaucoup moins de temps que vous l’imaginiez. Et si on vous propose de nouvelles activités, des invitations ou bien au bureau, de nouveaux projets, qu’allez vous répondre à cela ? Où allez vous trouvez le temps ? Saurez vous dire NON ?
 
La plupart d’entre nous refuse le défi, car nous ressentons le fait de dire « non » négativement, pas seulement dans le sens littéral du mot, mais émotionnellement aussi. On peut se sentir impoli, arrogant, égoïste ou médiocre. Mais il est important de se rappeler que les sentiments ne sont pas toujours honnêtes et ne reflètent pas la réalité. Vous pouvez réécouter l’article sur les sentiments.
 
En fait, il y a un Oui à l’intérieur de Chaque Non.  Il faut penser au «non» comme un moyen de faire des économies.  Lorsque vous dites non au dîner dehors dans un resto super tendance,  ou à l’achat d’une nouvelle voiture, vous dites en même temps oui à votre objectif d’épargne, votre sécurité financière, ou un achat plus important ou nécessaire que vous avez l’intention de faire quand votre bas de laine sera plein.
 
Ce que nous devons réaliser est que dire NON c’est aussi dire OUI. Nous avions évoqué ce point dans le podcast sur l’Essentialisme, le livre de Greg Mc Keown. Très justement, il rappelait que dire OUI à quelque chose c’est dire Non à une autre et vis versa. Il décrit aussi l’importance du OUI non équivoque, le grand OUI, sans aucune hésitation. Et en cas de « petit » OUI, il conseillait de dire NON.
Mais pour cela il faut être à 300 % clair avec ce qui mérite votre OUI. Une fois cette liste établie, il sera d’autant plus simple de dire NON, après un examen des opportunités ou propositions que l’on nous fait.
 
Apprendre à dire Non, c’est apprendre à surmonter les sentiments négatifs que nous pourrions ressentir.  Quand vous dites « non » aux demandes supplémentaires, vous dites « oui » à la réalisation de vos propres objectifs en premier, qu’ils soient d’ordre personnels ou professionnels.
 
1.D’abord, prenez la liste que vous avez créé pour l’exercice précédent.
 
2. identifiez les choses qui ressortent comme particulièrement irritantes ou comme étant du gaspillage, les choses que d’autres collègues auraient pu faire, celles qui n’étaient au final pas si importantes ni aussi urgentes que vous le pensiez, ou qu’on vous l’a laissé croire. Les tâches sont vous ennuient profondément, celles pour lesquelles vous n’aviez pas forcément toutes les compétences et pour lesquels vous avez perdu un temps fou à glaner des infos détenus par un autre collègue.
 
3. Imaginez aussi ce que vous auriez pu faire pour faire avancer vos propres projets professionnels, plutôt que de faire avancer les projets de tout votre entourage, sauf les vôtres ? Ces projets devraient être les seuls méritants un Oui, franc et massif. Et c’est ce qui doit vous motiver à dire Non plus souvent.
4. Refusez ce qui ne vous permet pas d’avancer vers vos objectifs.
 
Lorsque nous sommes confrontés à des demandes ou des exigences de notre temps, nous avons plusieurs réponses possibles, qui contiennent toutes des engagements et conséquences implicites, que notre réponse soit NON ou soit OUI.
 
L’auteure citée précédemment, propose de se poser 4 questions pour nous aider dans notre évaluation

Le Compromis

Considérons d’abord le compromis résultant de notre réponse. Pour chaque accord explicite que nous faisons, il y a toujours des dizaines d’accords implicites qui vont de pair avec eux. Les choix sont, comme le dit Lysa TerKeurst, des forfaits ou des packages, c’est à dire qu’ils ne sont pas tout seuls ni isolés. Les choix viennent avec toute leur « famille » et parfois, elle est très grande.. Pour prendre de bonnes décisions, que cela soit OUI ou NON, cela exige que nous travaillions à rendre ces accords implicites clairs, afin que nous puissions les évaluer. Demandez-vous: Qu’y a-t-il vraiment dans la boite ? Est-ce que ce OUI ne signifie pas NON au diner familial prévu de longue date? Est ce que ce Oui ne signifie pas de devoir renoncer à voir le récital de chant de votre aîné ?
Nous devons être très clairs sur les conséquences pour pouvoir estimer les impacts sur nos projets. Comme déjà rappelé, on a toujours le choix, dans toutes les situations, mais on a souvent pas envie ou pas la force ou le courage,  d’assumer les conséquences de nos choix.

Détailler la décision

Chaque accord va avoir son propre schéma. Nous devrions faire une pause et déterminer où notre décision va nous conduire, quelles sont les potentielles réactions en chaine. « Et ensuite ? Et après?  et ainsi de suite. Si cette demande et votre décision devaient se répéter, quelles en seraient les conséquences sur le long terme?  Si la destination finale est un regret, la seule réponse est non. En outre, si nous ne sommes pas clairs sur la direction que nous choisissons, nous devrions probablement dire non, aussi. Il y a des conséquences pour presque tout ce que nous choisissons. Cela vaut le coup de savoir quelles pourraient être les conséquences, dans les 2 cas, Oui et Non. Si nous sommes enclins à dire oui, par exemple, il peut être intéressant d’envisager les conséquences d’un NON. Parfois, nous sommes tellement enfermés dans notre justification du OUI, que nous n’avons même pas évaluer les conséquences très favorables d’un NON.

La Motivation

Examinez ce qui motive votre choix. Et nous pourrions considérer ce qui nous pousse généralement à dire OUI.
Pourquoi disons-nous « oui »?
 
– Nous voulons aider
– Nous voulons être aimé
– Pour éviter tout conflit ou confrontation
– Par ce que cela fait du bien de se sentir nécessaire
– FOMO (peur de manquer)
– Nous avons une idée irréaliste de ce que nous pouvons accomplir
– Culpabilité – nous nous sentirions coupable de refuser.
– Nous nous sentirions égoïste de refuser
– Nous succombons à la pression et à la manipulation.
 
Il y a plusieurs sortes de personnes qui nous entourent et qui chacune à leur façon, tente de nous manipuler pour obtenir un OUI de notre part.
Prenons quelques minutes pour lister et identifier ces manipulateurs. (traduction de l’article : http://www.womansday.com/relationships/family-friends/advice/a5454/how-to-say-no-gracefully-113856/
Le flatteur
Que ce soit l’amie qui vous dit combien vous êtes intelligents et combien elle avait apprécié votre aide sur un projet de bénévolat sur lequel elle travaille dure, ou la maman à l’école qui insiste sur le fait que les élèves seront atrocement déçus si vous ne faites pas vos petits gâteaux pour la sortie de classe , le flatteur joue sur la vanité, en vous faisant vous sentir indispensable.
 
La réalité :  Si vous voulez aider, car cela vous donne du plaisir, très bien, mais personne n’est irremplaçable. « Si ce n’est pas une chirurgie du cerveau, d’autres peuvent le faire, peut-être pas avec votre brio, mais ce sera fait et la terre ne s’arrêtera pas de tourner si vous ne le faites pas».
 
L’antidote : La flatterie s’exerce dans les deux sens.  Au lieu de céder, pourquoi ne pas renvoyer la balle dans l’autre camp en soulignant comment votre interlocuteur a merveilleusement bien réussi sa dernière présentation à ce client si difficile ?
 
Le cupabilisateur
Votre maman vous rabat les oreilles qu’elle ne vous entend pas assez, malgré vos trois appels hebdomadaires. Ou bien votre amie se lamente que vous avez assez du temps pour les autres mais pas elle.
 
La réalité :  Prenez du recul. Comment vous sentiriez vous à la place de votre maman ou de votre amie ? Demander les conseils d’un proche sur la situation, un oeil extérieur.
 
L’antidote : Vous ne pouvez jamais faire assez pour certaines personnes, alors il ne faut pas essayer», Cela ne sert à rien de se prendre la tête à chaque appel avec votre maman ou votre amie. Mais plutôt, interrompez la conversation pour éviter énervement et paroles trop violentes et dites que vous rappellerez quand vous le pourrez, ou dites à votre amie, que vous faites du mieux possible.
 
Le Saboteur
Vous vous êtes engagé à perdre du poids, mais chaque fois que vous sortez avec une certaine amie, elle essaie de vous faire commander le dessert. «Juste cette fois ne peut pas faire de mal! ». « Tu ne peux pas venir dans ce merveilleux restaurant et ne pas prendre de dessert ! Le saboteur tente de valider ses choix en vous influençant pour que vous vous comportiez comme elle/il le fait.
 
La réalité : Réfléchissez en leader, pas un suiveur, et imaginer votre rage en voyant le chiffre de votre balance pencher du mauvais côté.». Dire non ce n’est pas être égoïste, mais c’est du respect de soi. Vous devez donc rester ferme sur vos positions, pour ce qui est bon pour vous.
 
L’antidote :  Tenez ferme, puis rediriger la conversation. Vous n’avez pas besoin de beaucoup d’excuses ou d’explications. « Non, je te remercie. Le thé est très bien pour moi. Tu as prévu quoi pour ce week end ?
 
le Pleurnicheur
Chaque fois que votre collègue reçoit une tâche difficile, elle commence à se lamenter sur l’injustice de tout cela, et qu’elle est celle à qui l’on demande toujours les choses difficiles. Elle va continuer à se plaindre ainsi jusqu’à ce que vous proposiez votre aide, lassé de ses jérémiades.
 
La réalité : Même si c’est vrai et que le patron lui donne toujours les tâches les plus complexes, cela n’a rien à voir avec vous. C’est entre elle et lui.
 
L’antidote : Coupez lui l’herbe sous le pied. Dès que votre collègue arrive pour se plaindre, dites lui : effectivement il semble que le chef s’adresse plutôt à toi pour les choses difficiles. Pourquoi ne sollicites tu pas un entretien avec lui, pour que vous vous expliquiez sur ce sujet ?
 
L’intimidateur
L’intimidation chez les adultes est plus commune que vous pouvez le penser. Une étude de 2007 sur près de 8000 adultes qui travaillent, a constaté que 37 pour cent des travailleurs ont été victimes d’intimidation. L’intimidation des adultes peut prendre de nombreuses formes, mais l’agresseur utilise toujours sa colère et son comportement intimidant pour vous amener à faire plus que vous le voulez.
 
La réalité : Peu importe ce que vous avez fait ou pas fait, personne ne mérite d’être traité irrespectueusement ou d’une manière menaçante.
 
L’antidote : Un intimidateur veut se glisser sous votre peau, alors il ne faut pas lui montrer que cela est possible. Ne pas répondre par  la colère (il se nourrit d’émotions négatives) et ne vous laissez pas forcer à faire quelque chose que vous ne voulez pas faire. Il est nécessaire de rester d’un calme olympien avec ce type de personne, de rester factuel et de dire par exemple  » Je n’accepte pas d’être traité(e) de cette façon. Revenez quand vous serez calmé, »ou« je pense que je me suis fait clair je ne vais pas discuter plus. ‘ « 
 
En oubliant que le vie est trop courte pour s’encombrer avec des perceptions fausses, des attentes irréalistes, nous réduisons la seule chose dont nous manquons réellement, à savoir le temps.
 
Il faut donc trouver le moyen et le courage de dire NON, sans se mettre à dos nos interlocuteurs.
 
Les autres mangeurs de temps que l’on peut éviter en disant NON :
 
Les réunions, surtout si elles ont été mal préparées. Et vous pouvez reprendre la série de podcast sur les réunions, pour savoir comment s’en passer et si ce n’est pas possible, comment en tirer le meilleur parti. Mais cela peut aussi être des pseudos événements professionnels qui vont empiéter sur notre temps personnel et familial pour un résultat professionnel décevant mais un risque familial important.
Voici la traduction d’un article de Seth Godin, datant du début de cet année sur pourquoi nous devrions dire NON :
A propos du NON :
Si vous n’en êtes pas fier , ne le servez pas
Si vous ne pouvez pas faire un bon travail, ne l’acceptez pas.
Si cela va vous distraire de ce qui compte vraiment, passez votre chemin
Si vous ne savez pas pourquoi ils veulent que vous le fassiez , demandez.
Si vous avez besoin de le cacher à votre maman, reconsidérez
Si cela vous profite, mais pas aux gens que vous aimez, refusez
Si vous cela va dans le sens du vent,  cela ne suffit pas.
Si cela crée une habitude qui vous coûtera cher sur le long terme, ne commencez pas.
Si cela ne vous avance pas, hésitez puis faites marche arrière
Le court terme semble toujours urgent, et c’est un moment où le compromis semble approprié. Mais sur le long terme, on se souvient des bons « NON »
D’autre part, il y a un impératif à dire «oui». Dites oui et construisez quelque chose qui compte.
 
Dans le prochain podcast, nous verrons comment dire « Non » respectueusement et avec assertivité.
N’hésitez pas à partager ci dessous vos réflexions par rapport à cet article.
A bientôt
Ressources et lectures recommandées
Shave 10 hours off your work week de Michael Hyatt ( ebook gratuit à télécharger sur le site de Michael Hyatt)
 
Priscille LIVENAIS
Maman divorcée et très active, j'ai une passion pour l'organisation, la gestion des projets et les outils de productivité. Mon but n'est pas de tout faire, mais de ne faire QUE ce qui compte vraiment pour mener la vie que je souhaite , tout en sérénité.
Plugin for Social Media by Acurax Wordpress Design Studio
Visit Us On TwitterVisit Us On Linkedin